juillet 16, 2024

Des détails croustillants des auditions de Salomon Kalonda Idi Della, le Conseiller spécial de Moïse Katumbi, pendant sa détention aux Renseignements militaires. Ils sont fuités par certains gradés de l’ex-Demiap mécontents que leur service, à vocation très sensible et discrète, soit impliqué dans une manœuvre politique pour instruire un dossier assis sur un montage et basé sur une vile méthode consistant à arrêter des adversaires politiques avant de réunir maladroitement les preuves pour les charger, caractérisée par le ravissement de téléphones et les perquisitions irrégulières. «Une affaire embarrassante du début à la fin, menée dans une procédure totalement irrégulière et pour des accusations farfelues», commente un colonel au parfum du dossier insistant sur le caractère nébuleux des charges.

«Il est évident que l’interpellation brutale de Monsieur Salomon Kalonda a été faite en violation des procédures. Sa détention irrégulière et prolongée, loin de ses avocats, son médecin et sa famille, a été voulue. Ses geôliers ont voulu le torturer moralement pensant conditionner sa déposition. Mais Monsieur Kalonda a fait preuve de caractère tant il est resté lucide pendant toute la durée de sa détention. Face aux huit colonels, visiblement perdus après les révélations de l’ancien Premier ministre Matata sur le pistolet sur lequel les Renseignements militaires ont vraisemblablement prévu d’asseoir leur argumentaire, qui l’ont assailli des questions sur son riche répertoire, il a eu le temps de donner des réponses sans équivoque. Dirigeant d’un grand club de la trempe du Tout Puissant Mazembe, il a, dans son répertoire, des contacts et des correspondants à travers presque tout le continent, voire avec des dirigeants sportifs civils ou militaires, cas du club de l’Armée patriotique rwandaise (APR FC). Et avec ces derniers les échanges l’ont toujours été dans un cadre purement sportif, l’unique point en partage». Un homme au cœur du dossier a souri jusqu’à se demander si, par exemple, les liens entre un dirigeant d’un club de la Linafoot avec le général Tango Four, ex-président de V.club aujourd’hui de Maniema Union, ou encore un responsable militaire du club angolais d’Inter Clube, pourraient être considérés comme une infraction ou encore constituer une infraction d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Des monstruosités non consommables.

Selon les mêmes indiscrétions, les Renseignements militaires ont également questionné Salomon Kalonda sur un seul communiqué du parti Ensemble pour la République trouvé dans un échange entre lui et un général rwandais, qui a toujours servi d’intermédiaire, avant la brouille, entre le président Félix Tshisekedi et son homologue Paul Kagame, un contact commun noué quand le courant passait bien entre Kigali et Kinshasa. Il s’agit du communiqué mis en circulation sur les réseaux sociaux par Ensemble pour la République et abondamment relayé dans les médias avant d’être renvoyé, retenez bien la nuance, renvoyé par ce Général rwandais à Salomon Kalonda, étant donné que le contenu de communiqué d’Ensemble pour la République demandait au gouvernement d’éviter de recourir aux troupes étrangères de l’EAC dont les gouvernements sont accusés ou soupçonnés de préter main forte aux rebelles et autres groupes armés mais de faire plutôt appel aux troupes d’un allié solide, constant et impartial comme l’Angola, capable de soutenir les FARDC et d’appuyer leur réorganisation». A en croire toujours les même sources, la réaction de Salomon Kalonda a été une simple question: « Qu’en est-il ? ». A bien lire, l’interlocuteur rwandais était tétanisé par la prise de position radicale prise contre son pays par Ensemble pour la République. Et cette correspondance particulière s’était arrêtée là.

Autre point de ces auditions: des questions sur les supposées relations entre Salomon Kalonda et le jeune Michel Mokaria. Là encore Salomon Kalonda a été à l’aise parce qu’il n’a aucun lien suivi avec lui. Le jeune militant se trouvait à un échelon inférieur dans la structure du parti.

Des réponses qui rendent crédibles les révélations de Mokaria, qui a certifié dans une vidéo avoir fui le pays après avoir été approché par Joël Malembe et les Renseignements militaires pour faire des faux témoignages contre Salomon Kalonda et Moïse Katumbi en échange d’une forte somme d’argent.

Rigoureux et exigeant, Salomon Kalonda, ont affirmé ses avocats, a demandé et obtenu des nouvelles auditions à l’Auditorat militaire en cours à la Prison de Ndolo quand il a constaté que les Renseignements militaires n’avaient pas retranscrit fidèlement dans les PV certains de ses propos.

Crispin MUTOMBO KABAMBA

Correspondance particulière

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