mai 29, 2024

« Ce que l’opinion ignore, à la sortie de ces concertations, il y a des candidats qui ont demandé de l’argent à Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi »

Les incidents qui se sont produits, le lundi 13 novembre contre les mandataires du prix Nobel de la paix docteur Dénis Mukwege et Moïse Katumbi Chapwe, pendant les assises du cadre des concertations entre la commission électorale nationale indépendante et les candidats président de la République, ne sont pas de nature à garantir un scrutin fiable, apaisé, transparent et crédible.

Les révélations et les explications qu’apporte un diplomate expérimenté à C-NEWS, dans un entretien à bâton rompu ci-dessous, prouve que Dénis Kadima a planté à l’issue de ces concertations un tableau sombre d’un chaos électoral général et planifié, à même d’ambraser le pays si rien n’est corrigé.

Notre interlocuteur, le diplomate qui était présent dans la salle, note que l’état du processus électoral est biaisé sur toute la ligne ; du fichier électoral même en passant par la cartographie des bureaux de vote ainsi qu’au décaissement des fonds par le gouvernement.

En ce qui concerne, par exemple le fichier électoral.

« Le fichier électoral a de particulier que c’est lui qui fonde la base et la garantie de la vérité des urnes », a précisé le diplomate, avant d’indiquer : »un fichier électoral non audité selon les normes internationales exigées ne peut garantir ni aux électeurs le respect de leurs choix, ni aux candidats la vérité des résultats ».

« Je ne suis pas le seul à évoquer cet aspect des choses », dit-il : »cela a été épinglé également par les candidats sérieux présents ou représentés dans ces concertations ».

Celui-ci de poursuivre en ces termes : »en ce qui concerne le fichier électoral, il a été dit que l’on constate aujourd’hui que sur 20 électeurs qui sont allés vérifier leur présence sur les listes, seuls 4 ont retrouvé leurs noms sur les listes électorales, soit une moyenne de 20%. Comprenez qu’un tel processus ne garentie pas des élections crédibles ».

En dehors de ce dossier des listes, ajoute-t-il : »il se pose un sérieux problème de la qualité des cartes d’électeurs, que la CENI a délivrées aux Congolais enrôlés ».

Selon les dires de ce diplomate, cette mauvaise qualité de ces cartes, est telle que, les éléments de ladite carte s’effacent au fil du temps jusqu’à devenir illisibles ».

Au cours de ces concertations, nous avons suivi des questions être posées à ce sujet à la CENI, poursuit-il : »celle-ci a répondu sans convaincre et sans non plus donner des garanties de correction de cette entorse sur l’ensemble du territoire national ».

Or, ajoute notre interlocuteur : »il est logique que cette situation fait profiler à l’horizon des résultats électoraux sujets à contestation certaine ».

Abordant le point sur la cartographie des bureaux de vote, le diplomate a fait remarquer que la CENI n’a pas pu produire ce document aux candidats présents et représentés dans la salle ; bien que celle-ci a essayé pendant les échanges à démontrer sans succès la numérisation de son travail, elle n’a cependant pas été en mesure de faire de même ni en ce qui concerne la cartographie des bureaux de vote, encore moins en ce qui concerne les listes des électeurs.

En effet, dit-il : »nous étions surpris d’entendre des autorités de la CENI, la promesse de remettre aux candidats ces listes et cartographie dans des clés USB, dans les jours qui viennent ».

S’agissant par ailleurs du point à propos du décaissement budgétaire en faveur de la CENI, notre interlocuteur déplore que le président de la centrale électorale, affirmait de n’avoir perçu du gouvernement que 800.000 millions de dollars sur 1.1 milliards prévu pour le processus. D’où, il reste à pourvoir 300 millions pour la réussite financière de ces élections du 20 décembre 2023.

A propos des candidats présidents et représentés par leurs mandataires, cas de Mukwege, Katumbi et Kazadi le diplomate souligne le fait que, ce cadre qui se voulait des concertations a donné l’impression d’être un forum d’informations pour entériner un processus opaque et des visés cachées.

« J’ai constaté que les candidats majeurs de l’opposition Mukwege et Katumbi se sont faits représentés certainement à cause de leurs agendas étoffés qui ne leur ont pas permis d’être présents dans la salle », a rapporté notre interlocuteur, tout en laissant entendre ce qui suit : »mais en observant les autres candidats présidents dans la salle, tout porte à croire que Mukwege et Katumbi n’ont pas eu tort d’avoir privilégier d’autres rendez-vous que de venir assister à une messe noire d’entérinement de ce processus avec des rôles partagés entre la CENI, qui n’a pas été en mesure et ni capable de démontrer la crédibilité de ce processus électoral, qu’elle pilote.

De poursuivre : »il y a eu quelques candidats qui n’ont pas su cachés, qu’il leur a été attribué un rôle à jouer dans cette partie de jeu et dans ce forum, jusqu’à devenir des applaudisseurs publics et demandeurs sans vergogne des privilèges ».

Ce qui a choqué le diplomate, ce qu’il y a eu à ces assises des candidats président qui en plus d’avoir formulés des demandes obscènes en public, ne se sont pas empêchés de demander à un autre candidat des privilèges en public pour des plans que le peuple ne connaîtra jamais.

Le denier point de notre entretien avec ce diplomate occidentale a porté sur la signature par les candidats du Code de bonne conduite.

A cet effet, notre hôte a rapporté que la bonne conduite vaut autant pour la CENI, que pour les candidats.

« Comment concevoir la bonne conduite dans le chef de la CENI, lorsque celle-ci ne fait rien d’autre que viser l’entérinément des actes opaques, qui vont influer dangereusement sur l’avenir de tout un peuple? », pose le diplomate, tout en martelant : »sans la transparence dans ces actes, sans l’audit crédible du fichier électoral, sans carte d’électeur conforme au fichier et au nombre des électeurs, sans la mise à disposition des électeurs de leur liste nettoyée des doublons, des personnes interdites de voter, la CENI peut mettre une croix à l’attachement profond aux idéaux de paix et de démocratie » qu’elle évoque machinalementdans ce fameux code.

Et le diplomate d’ajouter : »la CENI peut ainsi s’assurer d’avoir placé le lit de toutes les formes de violences pré – électorales, électorales et post – électorales ».

Pour illustration : »la CENI s’est permise de malmener les mandataires des candidats absents. Au point de leur priver de participer et assister à la photo de famille ».

Ce qui pousse à affirmer que la CENI a manqué une occasion en Or d’écrire son nom dans le registre de grandes organisations démocratiques et impartiales.

À ce propos, la CENI ne voit-elle pas Kamerhe, qui va représenter le chef de l’État dans ses rendez-vous à l’extérieurs, prendre part, au nom du président de la République, aux photos de famille dans ces rencontres internationales.

Comment concevoir une bonne conduite, lorsque parmi les candidats, il y en a qui se permettent de faire des insinuations erronées et fausses vis-à-vis des autres candidats, sans qu’ils ne présentent des excuses.

À titre d’exemple, un candidat a dit des mensonges comme quoi, dans la course au fauteuil présidentiel, il y a des candidats de l’étranger et que ces derniers introduisent au Congo des notions étrangères inconnues de nos mœurs.

Conséquence : aussi longtemps que ce candidat des insinuations n’aura pas présenté des excuses publiques, il sera pas possible de parler à son égard des bonnes conduites électorales?

Voilà le tableau qui a milité pour le rejet total de la signature de ce code de bonne conduite.

JOHN TSHINGOMBE LUKUSA

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